L’éthologie scientifique   L’éthologie est une science, qui étudie le comportement animal. Certains scientifiques chercheurs et chercheuses se consacrent même exclusivement à étudier le comportement des chevaux. Cela a permit dans un premier temps d’établir les besoins fondamentaux des chevaux, c’est-à-dire quels sont les besoins inhérents à leur nature profonde et que nous devons prendre en compte dans leur quotidien même s’ils sont domestiques et vivent avec des humains. Dans un second temps, des recherches sur la cognition du cheval ont pu se développer, pour nous permettre de toujours mieux nous mettre à la place du cheval, et adapter les apprentissages que nous sommes susceptibles de lui proposer.   Voici 3 vidéos de Léa Lansade, une chercheuse à la pointe de cette discipline actuellement.  La première est une rapide explication de 3 minutes sur l’éthologie scientifique, des protocoles de recherche et des apports sur l’intelligence du cheval.
Puis deux autres vidéos plus longues pour les amateurs qui veulent approfondir, la première concerne les dernières avancées concernant la cognition chez le cheval, et comment caractériser son intelligence : 
Et cette dernière plus longue vidéo vous expliquera comment lier l’éthologie scientifique avec le quotidien équestre, et plus particulièrement au moment du pansage : quoi observer sur mon cheval pour lui proposer un temps de pansage qui lui fasse plaisir ?
Ces questions sont très actuelles, et certaines associations de protection animale questionnent aujourd’hui ce rapport à l’équitation dans lesquels le cheval peut devenir un objet plutôt qu’un être vivant. Il me semble que la réponse à cette question se situe justement dans l’éthologie scientifique : déjà pour garantir un lieu de vie dans lesquels les chevaux sont le plus susceptibles de se sentir bien. Et ensuite pour prendre en compte l’intelligence du cheval et pouvoir l’aider à s’épanouir grâce à l’équitation. Appliquer l’éthologie dans notre équitation demande une sacrée dose de remise en question et d’ouverture, et vient questionner aussi notre rapport au consentement dans cette relation humain animal : à quel moment je prend en compte le non du cheval ? A quel moment je privilégie la relation plutôt que le résultat ? En fait tout le temps. Ces questions nous demandent de nous repositionner humainement profondément, c’est un réel chemin d’épanouissement qui demande une vraie implication de la part des humains, et qui génère aussi beaucoup de frustrations et d’émotions de notre côté, que nous allons devoir apprendre à traverser…
Un flehmen partagé
Il s’agit donc d’arriver à créer un environnement et une relation qui donne envie au cheval de nous dire oui et de passer du temps avec nous les humains. Il s’agit d’essayer de nous rendre suffisamment intéressant à ses yeux, selon leur point de vue pour qu’ils aient envie de nous consacrer du temps. Oui cela est possible ! Mais cela demande aux humains de sortir des projections que nous installons au sujet de nos animaux, mais qui relèvent de notre vérité et non pas de la leur. Chaque être vivant vit sa propre vérité, et la beauté de la rencontre est bien là, lorsque nous sommes suffisamment ouvert pour accueillir la vérité de l’autre, même si elle nous bouscule. L’apport de l’éthologie scientifique dans cette démarche est de comprendre les comportements dans chaque espèce pour comprendre leur langage corporel, très développé chez les chevaux. Ce langage qui leur permet de communiquer entre eux nous permet à nous de les comprendre, pour peu que l’on prenne le temps de se laisser surprendre par leur finesse. 
Ouvrons nos oreilles et nos coeurs Laissons les chevaux nous murmurer leurs secrets…

Mes engagements quotidiens

Et concrètement alors, ça donne quoi ?  

LES BESOINS FONDAMENTAUX :

Pour être acteurs auprès des humains, les chevaux doivent tout d’abord… pouvoir être acteurs de leur propre vie ! Et pour se sentir bien dans leurs sabots il est indispensable et respecter les besoins fondamentaux mis en avant par l’éthologie scientifique. 

Le saviez vous ?

Les chevaux n’ont pas de vésicule biliaire ! Lorsque leur estomac est vide, les sucs gastriques coulent directement dans l’estomac : une acidité responsable de maux de ventre.  Contrairement à nous, il ne sont pas fait pour manger 3 repas par jour, mais pour manger entre 14 et 18h par jour.

LES SOINS :

Soigner une maladie ou une blessure fait partie de la bobologie et du quotidien, mais pour être garant de la bonne santé physique et psychique il s’agit plutôt d’une philosophie, d’une charge mentale qui demande de l’anticipation et de la rigueur. L’anticipation déjà car plus on arrive à voir les problèmes tôt plus ils sont simples à gérer. Beaucoup de rigueur car pour maintenir le cap de la bonne santé il faut choyer les 4 sphères d’influence qui font de nous des êtes vivants : le corps,  l’émotionnel, l’environnement et le mental.

Le corps
    • Parages : je lime les sabots de mes chevaux toutes les huit semaines maximum : les pieds de chevaux sont constitués d’ongles, ce sont des ongulés, et il faut régulièrement parer (c’est le terme technique) les pieds pour conserver tout le confort lors de la marche. Cela me prend en moyenne 1 à 2h par semaine.
    • Visite annuelle du dentiste : encore quelque chose qui pousse en continu chez le chevaux : les dents !! Et il faut donc les limer chaque année pour éviter de créer des blessures à l’intérieur de la bouche.
    • Compléments alimentaires : naturellement les chevaux mangent beaucoup de plantes différentes. Lorsqu’ils sont dans des prés fermés, ils n’ont pas forcément accès à autant de diversité qu’ils le souhaiteraient. Je leur donne des minéraux et des vitamines en apports journaliers pour qu’ils ne souffrent pas de carences. Pour être plus précise ou donner des cures particulières je travaille en biorésonance : cela permet d’être plus précise concernant quel cheval à besoin de quel apport à un instant T.
    • Séances d’ostéopathie : Comme nous les chevaux ont des schémas corporels différents, et ils ont régulièrement besoin d’ostéopathie pour soulager leur tensions osseuses et musculaires, et pouvoir être pleinement disponible pour les séances de médiation. Parfois ils font aussi des faus-mouvements, ou des glissades ou de grandes galopades qui les laisse un peu raide !
    • Séances de shiatsu : pour les même raisons que l’ostéopathie, le shiatsu est aussi très efficace pour rééquilibrer le corp des chevaux. C’est une méthode moins physique et plus basée sur l’énergétique : c’est une autre porte d’entrée. Je choisis en fonction du besoin de chaque cheval.
    • Soins vétérinaires : Déjà il faut noter les soins vétérinaires récurrents, c’est-à-dire les vaccins annuels contre le tétanos et la grippe, ainsi que les vermifuges intestinaux qui aident les chevaux à gérer leur flore intestinale. Pour être précise dans la gestion des vermifuges je fais régulièrement des analyse de crottin (oui oui, ça existe vraiment !!) pour savoir quel cheval à besoin de quel vermifuge. Et il y a bien sur aussi les bobos, blessures et maladies qui arrivent de temps en temps, malgré tout le soin que l’on apporte au quotidien.
  • Vérification de l’adaptation de la selle et du matériel à la morphologie de chaque cheval : en effet chaque cheval est différent, et toute les selles ne vont à tous les chevaux ! Ils est important de les choisir avec soin, de faire des essais et des changements si nécessaire, pour que le cheval soit confortable dans sa selle.
L’émotionnel
    • Je pratique très régulièrement pour mes chevaux des séances en biokinésiologie, c’est une technique de kinésio adaptée pour les animaux (donc qui ne parlent pas, enfin pas avec des mots). Ces séances permettent au chevaux de déposer ce qu’ils ont sur le coeur, et prendre soin de toute leur sphère émotionnelle.
L’environnement
  • Les pâtures : j’apporte un grand soin à la qualité de mes prés, qu’ils soient le plus agréable possible pour mes chevaux, tant que le gestion de l’espace que sur la qualité de l’herbe et la diversité des plantes.
  • La gestion du troupeau : parfois certains chevaux ont besoin d’être en comité réduit car ils ont un coup de fatigue, parfois il en ont marre de certains individus… Leur vie de troupeau est très riche en interaction sociales, et parfois j’interviens pour leur faciliter la vie quotidienne. Cela demande beaucoup d’observation, et de passer du temps avec eux au quotidien pour se rendre compte de ces différences.

 

Le mental

Il vient en dernier car c’est une conséquence de l’attention apportée aux 3 premiers aspects que nous avons déclinés ainsi que le respect des besoins fondamentaux. Avec cette grosse base bien en place, le lien que nous développons en tant qu’humain est primordial pour que le cheval se sente compris et nous considère lui comme son partenaire ! Mon but est que mes chevaux essaye de se faire comprendre et me montrent leur problème car ils savent que je fais de mon mieux pour les résoudre. Se sentir compris c’est aussi dans la relation de travail, quand je les monte, que nos interactions soient apaisées et qu’ils viennent travailler avec plaisir.

 

Cette approche holistique prenant en compte plusieurs facteur permet d’aborder les chevaux dans leur globalité, et de suivre leur santé au plus près. Bien évidemment cette philosophie à un coût financier non des moindres. Bien entendu cette approche est dupliquée pour les humains aussi, car en tant que gardiens d’animaux notre état d’esprit et notre bien être influence la qualité de vie de nos animaux.

 

« On ne peut pas traiter ses animaux mieux que ce que l’on se traite soi-même »